Stéphane Rolland, l'homme qui sculpte les femmes

Il a appris la coupe chez Balenciaga, la haute couture chez Jean-Louis Scherrer, puis a fondé sa propre maison avenue George-V. Aujourd'hui, six pièces de Stéphane Rolland rejoignent notre concept store, rue Notre-Dame. Portrait d'un couturier qui traite le tissu comme un architecte traite le béton.
Un parcours à contre-courant
Stéphane Rolland naît le 26 juillet 1966 à Maisons-Alfort. À seize ans, il entre à la Chambre syndicale de la couture parisienne — l'école qui a formé Yves Saint Laurent et Valentino. À vingt ans, il pousse la porte de Balenciaga. Un an plus tard, il en dirige le prêt-à-porter masculin : le plus jeune directeur artistique de Paris.
La suite ressemble à une leçon de patience. En 1989, il passe au vestiaire féminin. En 1995, il rejoint Jean-Louis Scherrer, où il apprend pendant dix ans le métier qui ne s'enseigne pas dans les livres : la haute couture, le vrai, celle des essayages à répétition et des toiles reprises vingt fois.
Ce n'est qu'en juillet 2007 qu'il fonde sa maison, avenue George-V. En décembre 2008, il obtient l'appellation « haute couture » — un titre protégé par la loi française, accordé par le ministère de l'Industrie sur avis de la Fédération de la Haute Couture, et que moins d'une vingtaine de maisons au monde peuvent revendiquer. Sa première collection sous ce label, début 2009, est un hommage à la décoratrice Andrée Putman.
Être couturier, c'est travailler dans l'intimité. Nous soignons l'enveloppe.
Stéphane Rolland
Une signature : l'architecture appliquée au corps
Rolland ne cite pas des créateurs de mode quand on lui demande ses maîtres. Il cite Cristóbal Balenciaga, bien sûr — mais aussi l'architecte brésilien Oscar Niemeyer et le sculpteur Constantin Brancusi. Cela dit tout.
Chez lui, une robe n'est pas un vêtement posé sur un corps : c'est un volume construit autour d'un corps. Le vocabulaire est celui du bâtiment — une ligne d'épaule qui porte, un drapé qui fait contrepoids, une asymétrie qui déséquilibre puis rattrape. Les matières sont choisies pour leur tenue autant que pour leur beauté : le gazar de soie, qui se sculpte comme du papier ; le crêpe mat, qui absorbe la lumière ; le jersey lourd, qui tombe à pic.
La palette, elle, reste volontairement réduite. Noir, blanc, ivoire, et une poignée de couleurs saturées qui reviennent saison après saison : le rouge, l'acajou, le cognac, l'aubergine. Le bijou n'est jamais un ajout — le cristal est brodé à même l'encolure ou le poignet, comme une articulation.
Cette rigueur lui a valu une clientèle qui ne se contente pas de mode. Lady Gaga, Rihanna, Beyoncé, la reine Rania de Jordanie ou Joan Collins ont porté ses créations. Et pendant cinq années consécutives, la maison a été partenaire officiel du Festival de Cannes — ce qui, pour une boutique de la rue Notre-Dame, n'est pas un détail : ces robes ont été pensées pour des marches et des salles de gala qui se trouvent à trois cents mètres de chez nous.
2026 : deux collections, deux récits
Printemps-été 2026 — « Parade »
Présentée le 28 janvier 2026 pendant la Fashion Week parisienne, cette collection prend le cirque comme point de départ — mais un cirque dépouillé, sans paillettes ni excès. L'Auguste, le Monsieur Loyal, Pierrot : les figures sont convoquées par la coupe, jamais par le costume. Manteaux asymétriques, capes structurées, robes à paniers, dos ailés, volumes cubiques à l'épaule. Le gazar, le satin duchesse et le crêpe y sont traités, selon les mots de la maison, comme des « matériaux de construction ». Diamants, rubis et grenats forment des constellations sur le noir. Une colombe revient d'un passage à l'autre.
Automne-hiver 2026/2027 — l'hommage à Dalida
Le 7 juillet 2026, Stéphane Rolland investit l'Olympia — la salle de Dalida — pour trente-trois silhouettes construites autour de la chanteuse née au Caire et devenue parisienne. La collection suit ce trajet : elle s'ouvre sur un blanc dominant, laisse monter le rouge velours « Olympia », puis bascule dans le noir et les tons minéraux.
On y trouve des robes trapèze en gazar de soie brodées d'agates terracotta et de silicone doré, une robe « Waves » constellée de cristal et d'argent, un smoking dos nu en grain de poudre brodé de cristal de roche, des tweeds vieillis mêlés à des constructions de plumes d'autruche. Les broderies mêlent agate, nacre, porcelaine, onyx, or et argent — moins pour décorer que pour charger la pièce d'une émotion.
Je pense à la musique du défilé avant même de commencer les croquis.
Stéphane Rolland
Les six pièces disponibles au Shop 17
Nous avons retenu six silhouettes, choisies pour la Côte d'Azur : des pièces de soirée qui tiennent la chaleur, se portent sans bijou et fonctionnent aussi bien sur un yacht à Antibes que sous les lustres d'un dîner de gala.
Comment porter une pièce Stéphane Rolland
Ne surchargez pas. Ces robes portent leur propre bijouterie : le cristal est déjà dans l'encolure ou au poignet. Un collier supplémentaire brouille la ligne. Une paire de boucles discrètes suffit.
Laissez respirer le drapé. Sur les modèles asymétriques, évitez la ceinture : le poids du tissu fait le travail. C'est le vide autour du corps qui dessine la silhouette.
Choisissez la chaussure la plus simple possible. Un escarpin nu, ton sur ton. Tout ce qui attire l'œil vers le bas casse la verticalité recherchée.
Pensez à la lumière du lieu. Le crêpe mat absorbe, le satin renvoie. Pour un dîner aux bougies, privilégiez le satin ; sous des projecteurs, le crêpe mat évite les reflets durs.
ESSAYER AVANT DE VENIR
Notre cabine d'essayage virtuelle vous permet de voir la pièce sur vous, depuis votre téléphone, en quelques secondes.
Et pour l'essayage réel, nous ouvrons le salon privé de la rue Notre-Dame sur rendez-vous — retouches assurées sur place.
Questions fréquentes
- Où acheter une robe Stéphane Rolland sur la Côte d'Azur ?
- Le Shop 17, concept store multimarques situé 15 rue Notre-Dame à Cannes, propose une sélection de pièces Stéphane Rolland en boutique et sur leshop17.fr, avec livraison express.
- Stéphane Rolland est-il une vraie maison de haute couture ?
- Oui. La maison a obtenu l'appellation « haute couture » en décembre 2008. Ce titre est juridiquement protégé en France et attribué par le ministère de l'Industrie : seules une vingtaine de maisons dans le monde peuvent l'utiliser.
- Quelle est la différence entre haute couture et prêt-à-porter de luxe ?
- La haute couture désigne des pièces réalisées sur mesure, à la main, dans les ateliers de la maison, pour une cliente identifiée. Les pièces proposées en boutique relèvent des collections de prêt-à-porter de la maison : mêmes matières et mêmes partis pris de coupe, disponibles en tailles standard, avec possibilité de retouches.
- Peut-on faire retoucher une pièce achetée au Shop 17 ?
- Oui, les retouches sont assurées à Cannes. Prévoyez un délai avant un événement daté — contactez-nous en amont pour caler l'essayage.
- Quelles tailles sont disponibles ?
- Les disponibilités varient par modèle et les quantités sont limitées. Les tailles en stock sont indiquées sur chaque fiche produit.





